Blabla lecture du lundi / 5 décembre 2022

Le sapin du magasin Liberty à Londres, hier 🌲

Bonjour !

Un petit blabla lecture en direct de Londres, entre les oeufs au bacon du breakfast puis une visite de musée.

La semaine dernière, j’ai lu un étrange et chouette roman qui traînait au fond de ma pile à lire depuis quelques mois.  » Klara et le soleil », de Kazuo Ishiguro, auteur anglais d’origine britannique. Ce titre a obtenu le Prix Nobel de littérature il y a deux ou trois ans je ne sais plus. La naratrice est un robot ! Elle va devenir l’amie virtuelle d’une jeune fille malade. Une histoire incroyable, je ferai bientôt une chronique. J’ai beaucoup aimé.

Puis j’ai attaqué un roman d’Anne-Marie Garat, auteure française que j’aime beaucoup, c’est un roman de 2003, « nous nous connaissons déjà », très bien. J’ai pu lire plusieurs heures dans le train hier, ce qui est pour moi constitue le bonheur de lecture suprême.

Bref, une bien bonne semaine de lecture pour moi. Et vous ?

Je file vadrouiller ! Bonne semaine, belles lectures !

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Des vies à découvert, de Barbara Kingsolver

Je n’avais pas relu l’auteure américaine Barbara Kingsolver depuis plus de vingt ans. J’avais à l’époque adoré  » l’Arbre aux haricots » et « Les cochons au paradis », parus dans les années 90.

J’ai apprécié retrouver son ton ainsi que la profondeur de ses personnages dans ce roman paru en 2018,  » Des vies à découvert ».

L’auteure nous embarque à Vineland, une petite ville du New-Jersey, à deux époques différentes.

En 2016, on suit Willa, cinquantenaire, journaliste au chômage, épouse d’un prof d’université en poste précaire. Willa se débat pour boucler les fins de mois tout essayant de financer des travaux pour leur vieille maison héritée qui menace de s’effondrer.

Willa gère aussi son beau-père diabétique et sous-oxygène, un immigré grec raciste et colérique, qui soutient à fond le candidat à l’élection présidentielle qui défraie chaque jour les chroniques avec ses déclarations populistes dignes d’un show et que le reste de la famille ne peut pas encadrer.

Vivent également à la maison sa fille de 26 ans altermondialiste, et le bébé de son fils veuf parti chercher du boulot dans un autre état.

Willa se bat dans un contexte social et économique tendu, garde son humour mais est proche de la dépression.

Toujours dans la même ville, un chapître sur deux l’auteure nous raconte la vie, 150 ans plus tôt, de Thatcher, un jeune professeur de sciences, jeune marié qui assume financièrement le foyer constitué de sa jeune épouse frivole, d’une belle-mère ultra conservatrice et une jeune belle-soeur intelligente et passionnée. Comme Willa, Thatcher s’inquiète des frais importants auxquels il ne peut subvenir pour réaliser de gros travaux urgents dans sa maison.

Adepte des thèses de Darwin qui commencent à se développer mais qui se heurtent au conservatisme d’une société pour qui seule la Bible est détentrice de vérité, Thatcher va être rejeté par la communauté ainsi que par sa propre famille. Il va se battre pour les avancées de la science, avec son amie et voisine, une scientifique qui passe son temps à observer les insectes le nez sur sa pelouse et élève des araignées dans son salon.

Deux époques, deux personnages passionnants en lutte pour sauver leur famille mais aussi contre le conservatisme, le préjugé, le pré-pensé. Un combat parallèle à deux époques différentes, intéressant.

J’ai cependant préféré l’histoire contemporaine, plus developpée, remplie de situations cocasses truculentes et de beaucoup d’humour, de personnages très touchants.

Une histoire qui aborde très finement les déboires et le désespoir que peut rencontrer la classe moyenne américaine : précarité professionnelle, difficulté d’accès aux soins, surendettement, absence de filets sociaux.

J’ai eu un peu plus de mal avec les chapîtres se déroulant au dix-neuvième siècle, non pas à cause des personnages et de l’histoire, très intéressante, mais à cause du changement de style d’écriture. Pour cette partie, Barbara Kingsolver a choisi le ton d’écriture de l’époque, très désuet, indirect, un ton qui m’a déplu. Il contrastait vraiment beaucoup avec celui, truculent, utilisé pour l’époque contemporaine. J’ai trouvé celà perturbant et désagréable. Du coup, j’ai très peu investi l’histoire de Thatcher, je l’ai lue un peu en diagonale, c’est dommage.

Toutefois j’ai beaucoup aimé cette lecture même si je me serais bien contentée de l’histoire et des nombreux déboires de Willa, femme courage qui porte à bout de bras sa famille.

Un bon roman à conseiller aux amateurs de roman familial et social américain.

Billy Summers, de Stephen KING (2022)

Billy Summers est homme solitaire, un ex-sniper qui a quitté l’armée une fois revenu de l’enfer de l’Irak.

Très doué en tir et n’ayant pu dans sa jeunesse apprendre un autre métier, il s’est naturellement reconverti comme tueur à gages. Mais il n’accepte de liquider que des vrais gros méchants. C’est un gentil méchant.

Billy Summer accepte un très gros contrat et décide que ce sera le dernier. C’est décidé, après ce contrat, hop il endosse une de ses nombreuses identités et zou il part au soleil profiter de la vie et de l’argent de ses comptes off-shore.

Mais ce dernier gros coup est assez spécial. Il exige des semaines d’attente et de préparation. Son commanditaire lui demande de se fondre dans la population de la petite ville où il devra liquider la cible lorsqu’elle arrivera. Pour celà, il lui demande de se faire passer pour un écrivain venu dans le coin pour écrire au calme.

Durant des semaines, sous une fausse identité, Billy Summers va vivre dans une petite maison, se lier avec un voisinage sympa, alors qu’il s’est toujours refusé aux attachements affectifs. Et surtout, il va vraiment écrire, découvrir qu’il est pas mauvais en la matière et qu’il a plein de choses à raconter. Son enfance malheureuse, sa vie en famille d’accueil, son engagement dans l’armée, les missions de nettoyage en Irak.

Une fois ce dernier coup réalisé, rien ne va se passer comme prévu pour Billy Summer. Il va être amené à sauver une jeune femme en situation désespérée et c’est le début d’une longue cavale sanglante vengeresse.

J’aime Stephen King. Mais là, je me suis terriblement ennuyée. Il y a beaucoup de longueurs, de descriptions matérielles qui apportent peu, très peu d’analyse, de réflexions et développements sur le monde contemporain comme Stephen King sait si bien le faire avec son humour fin et acerbe.

Le scénario est classique, les personnages sont assez caricaturés. Je n’ai pas du tout cru à ce méchant gentil ni à la relation particulière qui se noue entre le tueur et la jeune fille en situation très délicate.

Le seul truc que j’ai trouvé chouette, c’est le fait que le personnage se mette à écrire, qu’il découvre la puissance réparatrice de l’écriture ainsi que sa capacité à changer le monde. Mais çà suffit pas.

J’ai pu terminer ces presque 600 pages grâce à l’écriture toujours aussi agréable de Stephen King (quoi qu’ici vraiment très très simple), mais avec un ennui total vis à vis des évènements du récit et pas mal d’indifférence vis à vis des personnages.

Blabla lecture du lundi / 28 novembre 2022

Lecture en cours

La semaine dernière, bien qu’elle ait été bien chargée et remuante, j’ai pu lire un peu plus que la précédente, et c’était chouette.

J’ai enfin terminé le dernier Stephen King, « Billy Summers », que je n’ai pas du tout aimé. Je me suis ennuyée quasiment tout du long de ce lourd pavé de 600 pages, impossible à tenir en lecture « au lit » sans risquer la tendinite ou la loucherie définitive. Chronique à venir.

J’ai aussitôt enchaîné avec un livre de poche petit et léger, un vrai bonheur ergonomique. C’est ma lecture actuelle, un roman coréen de BU Hui-ryeong, « Féline ». L’histoire de la rencontre entre un chat errant obligé de se débrouiller seul après la disparition de sa mère, et une adolescente sauvage qui vit seule avec sa grand-mère. C’est délicieux.

Dans le cadre du challenge « non fiction november », j’ai lu un tout petit livre de moins de 100 pages, des brèves, « les heures lentes », de Marie Borin. C’était très spécial. Très vite, cette semaine sûrement, je fais un billet sur ce que j’ai lu ce mois-ci dans le cadre de ce « non fiction november ».

Et vous ? Qu’avez-vous lu ? Que lisez-vous ? Hâte de vous lire en commentaire.

Douce semaine !

Saint Omer, d’Alice Diop (2022)

Petit ciné hier soir.

Une jeune femme écrivaine vivant en région parisienne se rend dans le Nord, à Saint Omer, pour assister au procès en assises d’une femme infanticide. Elle a abandonné sa petite fille de 15 mois une nuit sur une plage, la confiant à la marée montante. C’est une histoire vraie.

L’accusée intrigue beaucoup l’écrivaine mais on ne sait pas bien pourquoi. Il existe bien une proximité culturelle (toutes deux sont d’origine africaine mais est-ce une explication suffisante ?).

Au fur et à mesure des réquisitoires et interrogatoires, on découvre une certaine proximité dans des vécus d’enfance, mais c’est assez peu clair au final, les raisons de cette obsession de l’écrivaine pour l’accusée, de sa présence constante à ce procès bien que çà la remue, la rende malade.

À moins qu’elle soit jurée suppléante donc tenue d’assister à tout le procès ? Le début peut le suggérer. Mais en ce cas est-il normal qu’elle établisse une relation avec la maman de l’accusée, qui est une personne amenée à témoigner ? Il le semble que c’est interdit si on est juré.

En tout cas, au fur et à mesure du procès et des témoignages, l’écrivaine revisite sa propre enfance, sa relation difficile avec sa mère et s’interroge aussi sur sa future maternité.

L’histoire de l’accusée, en revanche, est passionnante. L’isolement dans lequel cette femme s’est peu à peu enfoncée depuis son arrivée en France, pleine de projets d’études, est absolument glaçant, à la hauteur de l’image qu’elle renvoie d’elle-même à la cour. Çà, c’était très bien.

Mais cet entremêlage de fiction avec une histoire vraie dramatique m’a gênée. J’ai trouvé çà presque irrespectueux vis à vis d’une femme malade qui actuellement purge sa peine tout en bénéficiant de soins psychiatriques.

Pour finir, le fait de développer cette histoire de sorcellerie que l’accusée apporte comme défense m’a agacée. Il était évident (et établi par le psychiatre expert) que c’était l’expression spécifique de ses troubles.

La mise en scène, s’attardant sur les visages, lumières, bruits du corps, silences m’est apparue forcée et creuse, tout comme le jeu de pas mal d’acteurs.

Encensé par la critique, j’ai trouvé ce film peu abouti, repéré des invraissemblances, et pas mal de clichés.

Bref, un film qui me laisse très sceptique, qui m’a ennuyée et agacée.

L’avez-vous vu ? Votre avis/ressenti m’intéresse grandement…

À bientôt !

TAG « Coupe du Monde littéraire »

Sur ma chaine YT, j’ai fait un petit TAG, et j’ai trouvé çà sympa de le transposer par écrit sur le blog.

C’est un TAG original, rigolo et très d’actualité sportive que j’ai vu sur la chaîne YT d’Elisabeth (il est initialement intitulé « Literary Word Cup »).

Il m’a beaucoup plu et hop dans la foulée de son visionnage il y a quelques jours, je me suis lancée.

C’est Elisabeth qui a créé elle-même  ce tag, l’idée lui en est venue après la lecture d’un article dans le journal The Guardian, elle explique tout ceci dans sa vidéo, dont voici le lien :

Il s’agit donc d’un tag sur le thème du football (sport auquel je ne connais absolument rien et qui m’interesse peu, tout comme Elisabeth !)

Elisabeth nous propose de composer l’équipe de foot de son propre pays, et pour cela de sélectionner 11 auteurs, des auteurs dont on a lu au moins un livre.

J’ai trouvé ça extra et j’ai adoré l’équipe canadienne qu’elle a composée, ça m’a fait découvrir plein d’auteurs canadiens.

Alors c’est  parti, je vous dévoile ma sélection pour mon équipe de France pour cette Coupe du monde littéraire.

Sont sélectionnés :

1/ Fred Vargas : parce qu’elle sait écrire des romans policiers aux intrigues et personnages incroyables, donc elle saura trouver des super techniques de sortie sur le terrain. Et puis elle est polyvalente, elle était archéozoologue avant de devenir écrivaine, c’est bien, çà, la polyvalence, dans une équipe.

2/ Michel Houellebecq : lui aussi, il est polyvalent. Il a écrit des romans bien sûr, mais aussi des essais et des poèmes. C’est un excellent observateur de la société, c’est important l’observation dans une équipe. En plus, il n’a pas peur des polémiques, il sait encaisser.  Je le nomme d’ailleurs gardien de buts.

3/ Guy de Maupassant : parce que les intrigues, c’est son truc. Il sait traquer la bêtise, l’égoïsme, la cruauté et çà c’est super important à repérer. Et puis les histoires mondaines, il connait. Il sait aussi invoquer le fantastique parfois, et çà on peut en avoir besoin, on sait jamais. Très bon élément, Maupassant.

4/ Annie Ernaux : elle sait se dévoiler, c’est important. Elle ne craint pas le jugement, elle sait rester sur les faits. Et puis elle a été prof, alors c’est pas des petites équipes qui vont l’impressionner, elle saura cadrer.

5/ çà va de soi, Olivier Norek : en plus d’écrire des super polars, il est capitaine de Police. Il aura peur de rien, il est du terrain, c’est parfait.

6/ Lisa Giraud Taylor : elle est hyper productive en écriture, son roman de 2028 est déjà écrit je crois, le boulot lui fait pas peur, elle est super endurante, et puis elle est fan de foot, elle connait toutes les tactiques. Alors si elle accepte, je la nomme capitaine. Lien vers la chaîne de Lisa :

https://youtube.com/@LisaGiraudTaylor

7/ J’ai un peu hésité parce que pas sûr que ce soit son truc, le foot, mais Virginie Despentes. Super attaquante qui ne mâche pas ses mots. Elle sera parfaite.

8/ Romain Gary : un gars qu’a su créer Momo, un gamin aussi sensible, humain, que courageux, a toute sa place dans l’équipe.

9/ Marie Ndiaye : très polyvalente, elle écrit tout aussi bien du roman que du théâtre, des nouvelles, des scénarii. Ses romans ont des petites touches fantastiques qui tombent jute, çà peut être utile, et puis c’est une écrivaine très discrète et réservée, solides atouts.

10 / Faîza Guène : elle écrit sur l’intégration. Elle sait ce que c’est que de se battre. Excellente recrue.

11/ Olivier Adam : il écrit sur la perte, sur la réparation, et il faut savoir se poser ces questions, en compétition.

Voilà pour ma team française pour cette coupe du monde littéraire, j’espère qu’elle vous plait, en tout cas, me suis beaucoup amusée à la composer.

Dites moi en commentaire qui vous sélectionneriez pour l’équipe de votre pays !

Lien vers ma vidéo YT :

https://youtube.com/@roz_bibli

 

 

 

Blabla lecture du lundi / 21 novembre 2022

Mes piles de livres.

Hello hello !

Le petit blabla lecture du lundi pour parler un peu des lectures de la semaine dernière.

Je n’ai pas trop lu la semaine dernière, juste le soir au lit, comme d’hab. Faut dire que je suis dans une période crochet, j’y consacre pas mal de mes soirées et puis çà tient chaud.

J’ai lu un peu des mémoires de Madame Roland et c’est passionnant cette plongée dans Paris à l’époque de la révolution française et puis quelle femme incroyable.

J’ai avancé dans le dernier Stephen King, « Billy Summers », j’en suis aux 3/4 mais je m’ennuie, vivement qu’il soit terminé. J’ai très envie de revenir à de la littérature « blanche » contemporaine.

Et vous ? Qu’avez-vous lu ? Que lisez-vous ? Hâte de vous lire…

Très belle semaine !

Les Amandiers, de Valéria Bruni-Tedeschi

Années 80. Après une rude sélection, 12 jeunes apprentis acteurs sont sélectionnés pour étudier au prestigieux théâtre des Amandiers, à Nanterre, dirigé à l’époque par Patrice Chéreau.

12 jeunes vingtenaires talentueux, de personnalités, horizons socio-culturels très variés, qui en veulent et sont prêts à tout donner pour se montrer à la hauteur de ce théâtre avant-gardiste qui rayonne dans l’Europe entière et qui leur donne leur chance.

On va suivre la vie de cette troupe, les répétitions, les amitiés, les amours, mais aussi les rêves, la jouissance de la jeunesse et de la liberté. Ils vont aussi se confronter aux choses bien moins sympas de leur époque, la drogue, le sida, et vivre leurs premières tragédies.

Les jeunes acteurs sont tous incroyables, vraiment talentueux (les quelques scènes de répétitions, mais aussi celles du début, à la sélection, m’ont scotchée). Fougueux, ils foncent dans la vie, la passion, le jeu, c’est bon d’être avec eux.

Les deux personnages principaux, dont le lien tient en haleine jusqu’au bout, sont excellents : Stella (incroyable Nadia Tereskiewicz, sûre qu’on la reverra) jeune fille de la grande bourgeoisie, douée, déterminée, riche, mais très seule et naïve. Etienne (Sofiane Bennacer), beau gosse issu de milieu défavorisé, qui se la joue, agace, puis touche, émeut et terrifie au fur et à mesure où il s’enfonce.
Louis Garrel est au top dans le rôle de Patrice Chéreau, dirigeant le travail avec exigence, nervosité et sans filtre.


J’ai trouvé ce film très réussi. Simple, frais, vrai et passionnant. Dynamique mais sachant prendre le temps, avec un scénario qui accroche jusqu’au bout, soutenu par un choix musical vraiment extra.

J’ai beaucoup aimé les plans de Nanterre, mais aussi de New-York où la troupe part faire un stage. La photographie est très belle. L’atmosphère des années 80 apparaît naturelle et vraie, ne tombant absolument pas dans la nostalgie ni le cliché. On sent que la réalisatrice l’a vécue.

J’ai adoré cette description de la liberté, de la fougue, de la folie de la vingtaine, ses rires et délires, sa défiance, vraiment ce film retranscrit bien la jeunesse de cette époque, sa joie, son authenticité, son goût pour la découverte et la jouissance de la vie en vrai (pas par écran interposé ou par les réseaux « sociaux »).

C’est un film qui ose aussi parler de certains points noirs de l’époque (le harcèlement plus ou moins admis dans le milieu artistique, la drogue).

Bref, j’ai adoré « Les Amandiers » de Valéria Bruni-Tedeschi, j’ai trouvé son film autobiographique très réussi.

Poésie collée #2 (et conseil podcast)

Bonjour !

Collage réalisé hier, pour vous souhaiter un doux dimanche. Le mien sera consacré à de la lecture, à un peu de cuisine et à un ciné 🤗. Et vous ?

J’en profite pour vous conseiller la chouette série d’interviews de la comédienne Emmanuelle Devos (je l’adore) de l’émission À Voix Nue (ma chouchoute) de France Culture :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/a-voix-nue/comme-une-enfant-sauvage-3393872

Écouté hier lors d’une bonne marche automnale, c’était juste parfait.

Pour l’heure, second café et direction le fauteuil de lecture.

Très bon dimanche !

« Joan Mitchell, la fureur de peindre », de Florence Ben Sadoun (2022)

C’est un mercredi d’octobre, sur France Culture, à l’émission » La Grande Table  » d’Olivia Gesberg, que j’ai entendu Florence Ben Sadoun parler avec émotion et passion de son coup de foudre, il y a une dizaine d’années, pour la peinture et la personne de Joan Mitchell.

Peintre majeure de l’abstraction, née en 1925 à Chicago, décédée à Paris en 1992, Joan Mitchell a vécu entre les États-Unis et la France, a su s’imposer dans un monde artistique à l’époque très masculin, développant, approfondissant sans cesse son style d’expression, sa poésie de couleurs, faisant fi des modes.

Quelques jours après, hop, je visitais la retrospective Joan Mitchell qui se tient en ce moment à la Fondation Louis Vuitton à Paris.

J’en sortais transportée par les mouvements de vie, de rage joyeuse et positive émanant des énormes toiles remplies de couleurs et de coulures où il n’y a rien à comprendre, si ce n’est tout, juste à ressentir, imaginer, avancer, reculer, s’imprégner, laisser prendre et vivre en soi. Une fabuleuse expérience que j’ai l’intention de réitérer avant la fin de l’accrochage et le dispatchage des toiles de l’artiste de par le monde.

J’avais rédigé un billet sur cette expo, dont voici le lien :

Exposition Joan Mitchell / Fondation Louis Vuitton

Évidemment, à la boutique du musée, je me suis offert le livre de Florence Ben Sadoun.

Grâce à la ténacité de sa passion pour la peintre qui détestait les interviews, Florence Ben Sadoun n’a cessé pendant dix ans d’interviewer ceux qui ont connu Joan Mitchell, permettant ainsi d’approcher subtilement et respectueusement sa personne, son travail, sa philosophie.

On découvre la vie fascinante de Joan Mitchell, sa sensibilité et sa fragilité au delà de son tempérament colérique, provocateur, et de sa violence récurrente, mais aussi son humilité, son amour de la vie au-delà des peurs, et surtout, sa liberté totale en tout. C’est cette liberté qui m’a le plus touchée. Une totale liberté qui transparait immédiatement en regardant ses toiles, qui attire, qui happe.

L’écriture est limpide, les interviews des personnes souvent très célèbres (je ne savais pas qu’elle avait été amie avec Paul Auster) qui l’ont connue sont passionnantes.

C’est vraiment une lecture intéressante qui nous plonge dans le monde artistique des années 70 et 80, nous fait découvrir une personnalité singulière originale et touchante, j’ai vraiment apprécié cette lecture qui complète très bien la visite de l’exposition.