À la Fondation Louis Vuitton à Paris vient de débuter une retrospective consacrée à la grande peintre américaine Joan Mitchell.

Je ne la connaissais pas (juste de nom). Mais cette semaine, coincée dans un interminable bouchon, j’ai entendu en parler sur France Culture la commissaire de l’exposition ainsi qu’une journaliste passionnée de cette peintre décédée en 1992 et qui vient de lui consacrer un ouvrage. Cà m’a donné une furieuse envie de voir ses oeuvres alors hop, expédition à Paris en ce beau samedi d’octobre ensoleillé. Et écriture de ce billet en attendant mon train de retour, le trafic étant fortement perturbé, j’ai du temps.

Fille d’une poétesse, Joan Mitchell s’est toujours nourrie de poésie. Elle conçoit ses peintures comme des poèmes, dit-elle lors d’une très rare interview, lâchant le sens, la forme, pour juste traduire le lyrisme des paysages autour d’elle, l’émotion qu’ils déclenchent, les souvenirs qu’ils génèrent. C’est une peinture très abstraite, sauvage, puissante.

J’ai adoré me plonger dans les méandres de ses toiles, sans chercher à comprendre, juste apprécier les jeux de couleurs, imaginer les gestuelles de l’artiste, tenter de capter les émotions de l’artiste au moment de la création.

La première partie de l’exposition présente beaucoup de ses oeuvres, depuis ses débuts dans les années 50 aux Etats-Unis, jusqu’aux années 90 où elle crée en France où elle se sera installée et où elle choisira de s’installer, avec ses bergers allemands, dans la campagne normande, par pur hasard dans le village de Giverny où jadis vécut et peint Monet (dont elle détestait l’oeuvre).

Dans une seconde partie, l’exposition fait justement croiser ses oeuvres avec celles de Monet, ses dernières peintures. En effet, sur la fin de sa vie, Monet (sans doute car perdant la vue parait-il), peignait des toiles très abstraites où il ne laissait paraître lui aussi que ses émotions (les Nymphéas, notamment). Un parallèle très intéressant est réalisé entre les oeuvres de deux artistes de deux époques différentes.

C’est une exposition dense (compter 2 heures minimum pour tout voir), très belle, enivrante. Je recommande à tous les amateurs d’art et de peinture.

Voici le lien vers la passionnante émission d’Arte consacée à Joan Mitchell à l’occasion de cette rétrospective, où on apprend plein de choses sur la personnalité de cette femme affirmée, libre, fragile aussi, qui était qualifiée de sauvage, mais aussi sur son travail, son histoire :

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